Comment rendre le secteur de la construction plus durable sans que les coûts ne dérapent ? Le projet BC-Win, porté par l’entreprise belge JUUNOO, démontre que des cloisons intérieures circulaires ne sont pas seulement techniquement solides, mais aussi économiquement rentables. Avec le soutien du programme BBBC, financé par les fonds du plan de relance européen NextGenerationEU, le SPF Santé publique stimule l’innovation circulaire. L’objectif : utiliser plus efficacement les ressources, générer moins de déchets et réduire l’empreinte environnementale.
Une technique circulaire simple et adaptable
Le cœur du projet réside dans une technique innovante basée sur des plaques de plâtre que l’on peut clipser et démonter ultérieurement, sans perte de qualité. Ce système s’installe rapidement, limite les coûts de main-d’œuvre et garantit une forte valeur résiduelle des matériaux. Fort de plusieurs années d’expérience dans les systèmes modulaires, il s’applique non seulement au marché des bureaux mais aussi à des secteurs comme les soins de santé, l’enseignement et le commerce de détail.
Dans certains secteurs, comme celui des soins de santé, s’ajoute l’exigence que les cloisons respectent des normes strictes en matière d’acoustique, de sécurité incendie et d’intégration des conduites. Le règlement européen sur les produits de construction (Construction Products Regulation (CPR) joue également un rôle : ce règlement impose que les produits de construction indiquent clairement leurs performances en matière de sécurité, de santé et d’environnement. Pour BC-Win, cela signifie que les cloisons circulaires doivent non seulement être innovantes, mais aussi répondre officiellement à ces normes européennes de produits.
Partenariat et partage de connaissances comme moteur de réussite
Ce projet repose sur une large collaboration : les entreprises de construction apportent leur expérience pratique, un bureau d’architectes affine les conceptions, des instituts de recherche testent les matériaux et l’impact CO₂, tandis que des partenaires-conseil analysent l’aspect économique. Grâce à cette combinaison, l’équipe peut évaluer si le réemploi est non seulement techniquement possible, mais aussi financièrement viable.
Les calculs de valeur circulaire tiennent compte de trois facteurs : la valeur résiduelle des matériaux, les coûts de démontage et de réutilisation, et le risque que certaines hypothèses se révèlent fausses. Cette méthode montre si la réutilisation est économiquement pertinente et rend la comparaison entre solutions linéaires et circulaires transparente.
L’équilibre varie toutefois selon les secteurs. Dans les bureaux, qui sont en moyenne rénovés tous les sept ans, les utilisateurs récupèrent plus rapidement les coûts de matériaux plus élevés. Dans le secteur des soins, avec des cycles de rénovation de dix à quinze ans, le bénéfice se répartit sur une période plus longue. C’est pourquoi le projet développe une business case adaptée à chaque secteur.
BC-Win ne développe pas seulement un système technique, mais fournit aussi des idées et des méthodes que d’autres peuvent appliquer. Comme le dit le chef de projet Chris Van de Voorde : « La construction circulaire n’a d’avenir que si elle est aussi logiquement financière que la construction neuve. Cette prise de conscience peut aider d’autres entreprises à repenser leurs propres produits et processus. »
Un espace pour concrétiser l’innovation
Le soutien du programme BBBC a joué un rôle crucial dans le développement de BC-Win. Il a permis au projet de répartir les risques entre plusieurs partenaires et de créer ainsi un espace pour l’innovation. Grâce à ces moyens, des tests à grande échelle ont pu être réalisés, notamment la construction d’un bâtiment de démonstration de 2000 m² composé exclusivement de cloisons circulaires et des validations techniques comme les tests de résistance au feu.