De la fourche à la fourchette : trois leviers pour une chaîne alimentaire circulaire
Le secteur agroalimentaire belge présente un énorme potentiel circulaire. Mais la boucle est-elle déjà bouclée ? Ou bien notre système alimentaire offre-t-il encore d’autres possibilités ?
Alimentation
En transition
L’industrie alimentaire constitue le plus grand secteur industriel de Belgique. Selon les données de Fevia, la fédération des entreprises alimentaires belges, elle génère un quart du chiffre d’affaires total et représente 21 % de l’ensemble des emplois industriels. Il s’agit, en outre, d’un véritable vivier de PMEPetites et moyennes entreprises, puisque 95 % des employeurs comptent moins de 100 collaborateurs.
La production alimentaire est un cycle
Le secteur pèse lourd sur le plan économique, mais met-il aussi tout son poids dans la balance en matière de circularitéLa circularité décrit la quantité de matière gérée en circuit fermé. ? L’agroalimentaire a un atout majeur : ses flux résiduels organiques se prêtent particulièrement bien à une revalorisation en alimentation humaine ou animale, en source d’énergie renouvelable ou en amendement du sol. Fevia affirme même que près de 100 % des flux secondaires organiques provenant de l’industrie alimentaire belge bénéficient d’une seconde (voire d’une troisième) vie.
Choisissez les bons paramètres
L’industrie alimentaire présente donc un énorme potentiel circulaire. Une étude internationale réalisée en 2025 a analysé plus en profondeur les stratégies mises en œuvre par les entreprises de la chaîne agroalimentaire mondiale pour fonctionner de manière circulaire. La conclusion ? Le chemin parcouru est encourageant, mais les entreprises restent peu familiarisées avec la définition d’objectifs mesurables pertinents. En fixant des paramètres concrets et réalistes, un acteur agroalimentaire peut suivre plus efficacement ses performances circulaires et les optimiser.
Allonger la durée de vie d’un produit n’est pas toujours possible dans l’industrie alimentaire, mais de nombreux autres domaines offrent des leviers d’action.
Quelques exemples :
Optez pour des matières premières issues d’exploitations agricoles régénératives.
Identifiez les flux secondaires et valorisez-les.
Prévenez le gaspillage alimentaire.
1. Optez pour des matières premières issues de l’agriculture régénérative
Les matières premières fournies par des agriculteurs engagés dans les principes de l’agriculture en circuit fermé forment la base d’un produit véritablement circulaire. L’agriculture agroécologique ou régénérative n’a rien d’un label : elle vise en revanche à boucler les cycles au niveau des cultures et de l’élevage.
Préserver la biodiversité, renforcer la santé des sols, réduire le recours aux produits phytosanitaires et aux engrais chimiques, valoriser un fumier de qualité issu d’élevages locaux, transformer les flux résiduels en aliments pour animaux… sont autant de piliers de cette approche. Des organisations telles que Farming for Climate vzw, Cultivaé et House of Agroecology accompagnent les agriculteurs dans cette transition et les mettent en relation avec des partenaires de la chaîne qui souhaitent se développer à leurs côtés.
2. Identifiez les flux secondaires et valorisez-les
De nombreuses initiatives ont vu le jour pour soutenir les entreprises de la chaîne agroalimentaire. Waloval, un projet intégré à Circular Wallonia, étudie par exemple le potentiel des flux secondaires issus du son de blé, du tourteau de colza, de l’orge brassicole et des pelures de pommes. Le projet vise également à lever les obstacles juridiques et à explorer les possibilités de réintroduire les matières premières réemployées dans la chaîne de valeur.
Par exemple :
Linatelle, à Trooz, commercialise des biscuits sains fabriqués à partir de résidus d’orge brassicole, en collaboration avec la brasserie belge du Val Dieu.
À Bruxelles, l’exemple de Harvie valorise des légumes qui ne satisfont pas aux critères esthétiques en les transformant en soupes, sauces et granolas.
Entreprises et consommateurs portent tous deux une responsabilité dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Pour une PME, une planification rigoureuse, une politique d’achat intelligente et un système de stock efficace sont essentiels. Soyez créatif avec les restes et gardez une vue d’ensemble sur ce qui est jeté, afin d’utiliser ces informations pour ajuster votre approche. Informez-vous auprès d’entreprises et d’organisations qui travaillent quotidiennement à la réduction du gaspillage alimentaire.
Des initiatives comme Waste Warriors et Happy Hours Market permettent, par exemple, à des aliments encore parfaitement consommables – mais destinés à être jetés – de finir chez le consommateur.
Vous trouverez plus d’informations sur l’approche circulaire dans le secteur alimentaire sur la page Alimentation – Economie circulaire.